La FTQ Saguenay-Lac-Saint-Jean y était en grand nombre

Manifestation à Ottawa dans le dossier du bois

La Presse Canadienne – Le Quotidien – (OTTAWA) Au lendemain de l’annonce par le premier ministre Stephen Harper d’une aide de 7 milliards de$ d’Ottawa à General Motors, les travailleurs de la forêt ont afflué mardi par milliers dans la capitale fédérale pour réclamer leur part du gâteau.

Jean-Marc Crevier, représentant régional de la FTQ au Saguenay, s’est particulièrement indigné du fait que, malgré que des ministres conservateurs de sa région figurent au cabinet de M. Harper, le secteur forestier reçoit peu d’écoute de la part du fédéral.

«On se rappelle des élections comme si c’était hier. Jean-Pierre Blackburn et Denis Lebel disaient à la population:  »N’oubliez pas, votez pour des gens qui vont être au pouvoir, pas pour le Bloc ». Ils ont eu deux (députés) sur trois (candidats conservateurs), mais les gens se rendent bien compte que ça ne donne pas grand-chose à l’heure actuelle», a-t-il conclu.

Venus des quatre coins du pays, les salariés et retraités ont marché dans les rues de la ville pour protester contre le peu d’aide qu’accorde le gouvernement conservateur à ce secteur de l’économie.

Ils ont rappelé qu’avec les difficultés vécues dans cette industrie, plus de 50 000 personnes ont perdu leur emploi à travers le pays, ce qui ravage de nombreuses communautés rurales, particulièrement au Québec et en Ontario.

«Ça veut dire que ta maison perd de sa valeur, ça veut dire que tes enfants quittent la région pour aller ailleurs, et ça, c’est un drame que l’on ne semble pas comprendre à Ottawa», a déploré Michel Arsenault, président de la FTQ.

L’industrie forestière représente pas moins de 100 000 emplois au Québec, et 250 000 emplois dans l’ensemble du Canada.

Scandant le slogan «Harper, réveille!», la foule a manifesté d’abord devant les bureaux de la ministre des Ressources naturelles, Lisa Raitt, avant de traverser la ville pour exprimer son mécontentement devant les bureaux du premier ministre, au pied du Parlement. Les représentants syndicaux devaient ensuite rencontrer le ministre des Finances, Jim Flaherty, en fin d’après-midi.

Les manifestants ont demandé notamment des garanties de prêt à taux concurrentiels pour permettre aux compagnies forestières de garder la tête hors de l’eau. Plusieurs manifestants ont également confié craindre pour l’avenir de leur fonds de retraite, dont Michel D’Amour, salarié à Gatineau.

«Il me reste seulement trois ans à faire avant d’avoir ma pension. Je veux m’assurer que je n’ai pas gaspillé 34 ans de ma vie», a-t-il souligné.
M. Crevier a prétendu que plusieurs travailleurs se disent prêts à franchir une autre étape et à aller jusqu’à entraver l’exportation du bois pour se faire entendre.

Le gouvernement conservateur s’est défendu de rester les bras croisés devant les difficultés du secteur forestier.

«Pendant trois années, ce gouvernement, avec les coupes de taxes et d’impôt, avec les programmes et les services d’Exportation et développement Canada, nous avons donné près de 50 milliards$ à ce secteur et nous allons continuer à examiner les façons d’aider cette industrie», a rétorqué le premier ministre en Chambre.