La FTQ se battra pour le bois

Amphithéâtre de Québec

(CHICOUTIMI) La FTQ au Saguenay-Lac-Saint-Jean va remuer ciel et terre afin de convaincre le gouvernement du Québec de retarder le processus de soumissions pour la construction du nouvel amphithéâtre de Québec. Du même souffle, le promoteur devra scinder les appels d’offres séparant la construction de la structure du toit et celle du bol qui comprend la glace et les gradins.

«Ce n’est pas parce que la ministre péquiste Agnès Maltais a peur de décevoir le maire Régis Labeaume et le puissant lobby de l’acier qu’il faut que la filière bois en subisse les conséquences. Le gouvernement, qui versera 200 millions$ dans le projet, doit obliger la Ville de Québec à offrir à l’industrie du bois la possibilité de soumissionner à armes égales contre l’acier», a déclaré le porte-parole régional de la FTQ, Jean-Marc Crevier.

Les travailleurs du bois de la région, particulièrement à Chibougamau, digèrent mal le mépris du maire de Québec à l’endroit de leur industrie. Ils jugent nécessaire d’enclencher la bataille pour permettre à l’industrie de saisir la chance de doter le Québec d’une vitrine technologique extraordinaire pour soutenir ce créneau économique qui allie économie et écologie.

«On peut comprendre que des politiciens ne veulent pas déplaire au maire Labeaume. En même temps, le gouvernement doit aussi prendre fait et cause pour l’industrie forestière qui a été abandonnée au cours des dernières années. On a une industrie qui a besoin de cette vitrine et elle doit avoir la chance de présenter une soumission dans les mêmes conditions que celle de l’acier. On parle souvent des régions lorsqu’il est question du bois, mais on oublie que plusieurs entreprises de sciage opèrent dans les municipalités autour de la Capitale Nationale. C’est le temps ou jamais pour le gouvernement du Québec d’imposer des conditions à la Ville de Québec», reprend Jean-Marc Crevier.

Le leader syndical constate qu’au cours des dernières années, les travailleurs ont fait d’énormes sacrifices que peu de monde aurait voulu faire.

«Aujourd’hui, ils ne demandent pas la charité. Ils veulent simplement que le savoir-faire qui a été développé à bout de bras pendant la pire crise de l’histoire puisse faire ses preuves. On ne parle pas d’une structure combinant le bois et l’acier. Ils exigent une concurrence directe et accepteront le résultat», reprend le leader syndical.

Obligation

Les travailleurs jugent qu’il n’est pas trop tard pour faire une pause dans le processus d’appel d’offres afin de permettre à l’industrie du bois d’annoncer ses couleurs.

Jean-Marc Crevier affirme qu’à moins d’un miracle, il n’y aura pas d’ouverture officielle pour une équipe de la Ligue nationale de hockey l’an prochain à Québec. Il n’y a également aucun événement international en vue pour justifier l’obligation d’entreprendre la construction du nouvel amphithéâtre dans la prochaine semaine.

Le syndicaliste espère que les démarches des travailleurs de l’industrie du bois d’oeuvre et de la forêt vont provoquer un éveil de la communauté régionale ainsi que dans celles des autres régions forestières de la Belle Province qui ont beaucoup à perdre dans cette affaire. Il juge que l’industrie du bois doit pouvoir démontrer son savoir-faire et surtout sa capacité de proposer des formules de remplacement qui offrent des avantages économiques.

À ce jour, l’ensemble des Conférences régionales des élus (CRÉ), qui ont la responsabilité de défendre des créneaux d’excellence dans les régions, a gardé le silence depuis la sortie du maire de Québec contre l’industrie du bois lors du dévoilement de la maquette du projet, la semaine dernière à Québec.

Le maire Labeaume prétextait que l’industrie cherchait à obtenir des avantages variant entre 300 000$ et 400 000$ ce qui, selon Crevier, est totalement faux.

(Le Quotidien 2012-10-17)