« Notre région pourrait y perdre énormément »

Examen stratégique de Postes Canada en vue de la déréglementation,

Jonquière, le 28 août 2008 – « Nous sommes contre la déréglementation de Postes Canada. » Voilà le message que les organisations syndicales, tout comme des groupes communautaires, des municipalités de tout le Canada, ont envoyé au Comité consultatif chargé de l’Examen stratégique de la Société canadienne des postes. Selon Christian Martel, directeur national du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes, une déréglementation du service postal se traduirait par une augmentation des tarifs, une diminution des services, une suppression d’emplois, des répercussions sur l’environnement et une diminution de la sécurité et de la confidentialité du courrier.

Pour leur part, les Conseils régionaux FTQ Saguenay–Lac-St Jean et haut du Lac-St Jean–Chibougamau-Chapais, par la voix de leurs présidents Yvan Tremblay et Michel Routhier, ont décidé d’intervenir auprès du conseil consultatif au nom des membres du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP) de la région, mais aussi au nom de l’ensemble de leurs membres qui à titre de citoyens et de citoyennes se préoccupent grandement de l’avenir des services publics en général et du service postal en particulier. « Nous aurions souhaité que l’Examen stratégique de la Société canadienne des postes que vous devez conduire soit fait de manière plus transparente et démocratique que ce ne sera le cas avec la formule retenue par le gouvernement » écrivent-ils dans une missive adressée à Mme Beaudoin, MM Bader et Campbell du comité consultatif de l’Examen stratégique de la Société canadienne des postes. Ils y indiquent également l’importance du maintien d’un service universel à coût abordable.

« Ceux qui font des pressions sur le gouvernement pour déréglementer Postes Canada n’ont d’intérêt que pour les grands centres; ils ne sont pas intéressés à desservir les régions comme la nôtre et seul l’appât du gain les intéresse » poursuit Yvan Tremblay.

Christian Martel explique que le comité doit donc rejeter toute idée de supprimer le privilège exclusif ‘’du relevage et de la transmission des lettres et de leur distribution aux destinataires’’. C’est en effet ce privilège qui permet de financer adéquatement le service universel. « Si le privilège était aboli, la concurrence des entreprises privées se ferait dans les régions urbaines et pour les services les plus rentables, notamment le courrier d’affaires en laissant au service postal public le soin de desservir les secteurs les moins rentables soit le courrier personnel et les régions rurales et éloignées ».

Et pourquoi vouloir faire ici quelque chose qui ne fonctionne pas ailleurs ?

Christian Martel s’interroge sur les raisons qui motivent Postes Canada en expliquant qu’ailleurs, la déréglementation a entraîné des pertes d’emplois, des diminutions de services et la hausse de tarifs. En Suède, le tarif de base a augmenté de 90 % depuis 1993. Depuis sa déréglementation en 2006, la Royal Mail du Royaume–Uni subit d’intenses pressions de la part de concurrents; résultat : ses volumes de courrier et ses recettes sont en baisse. La Royal Mail affirme qu’une hausse des tarifs de la poste lettre est inévitable et que le service universel est menacé.

La FTQ et le STTP invitent l’ensemble des organismes et les citoyens à faire entendre leur voix en faveur d’un service postal universel accessible à l’ensemble de la population de la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean et de toutes les régions du Québec et du Canada.

La FTQ est la plus grande centrale syndicale régionale avec plus de 25 000 membres.